Ce charmant buste représente un jeune homme imberbe et aux cheveux courts. Il porte une toge retenue par une pince sur l’épaule droite.

En comparant notre buste à des représentations connues, nous pouvons avancer que notre pièce est une représentation de Tibère.

Tiberius Claudius Nero est né à Rome en 42 av. J.-C. et meurt en 37 après à Misène, il est le second empereur romain et appartient à la dynastie Julio-Claudienne. Il se distingue dans sa jeunesse par son talent militaire en conduisant de nombreuses campagnes victorieuses le long des frontières de l’Empire. Après un premier exil volontaire sur l’île de Rhodes, il rentre à Rome pour y être adopté par Auguste en 4 ap. J.-C, devenant de ce fait un des successeurs potentiels de l’Empire. En 14 ap, il succède à Auguste et met en place d’importantes réformes économiques et politiques, réduit les conquêtes pour se concentrer sur la sécurisation des frontières notamment grâce à l’action de son neveu Germanicus. Après la mort de son fils Drusus II et de Germanicus, tous deux ses héritiers, Tibère décide de favoriser l’ascension du préfet du prétoire Séjan. Mais très ambitieux, celui-ci n’a de cesse que d’isoler l’empereur pour servir ses propres intérêts. Tibère finit par s’éloigner de Rome et se retire sur l’île de Capri. Pendant son absence, se sentant plus apte à diriger l’empire et fort de positions politiques toujours plus puissantes, Séjan tente de faire assassiner Tibère et de s’emparer du pouvoir. Informé du complot, l’empereur destitue Séjan, mais conscient de la haine des romains à son égard, il ne retournera plus jamais dans la capitale, et ce jusqu’à sa mort en 37. C’est Caligula, fils du très honorable et apprécié Germanicus qui lui succède à la tête de l’Empire.

Durement critiqué par les historiens antiques comme Tacite et Suétone ; sa personnalité et son règne sont réévalués par les historiens modernes qui voit en lui un homme calme, prudent et un politicien habile.

A la Renaissance, les empereurs romains fascinent : leurs règnes sont étudiés et enseignés aux nobles et princes d’Europe pour en tirer des leçons de vie et de politique. Il n’était donc pas rare de voir des statues orner les grandes demeures européennes : statues antiques découvertes pendant des fouilles, copies réalisées à partir de ces statues antiques, ou création contemporaines. Parfois, des véritables série d’empereurs étaient commandés pour représenter un « lot » de souverains modèles. Notre Tibère fut probablement membre d’une de ces suites de personnages.

La forme carré de son socle, relativement peu commune, nous laisse penser qu’il pouvait être encastrer dans une niche, alcôve ou autre.

Buste – Marbre – XVIe Siècle – Italie

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