Cette exceptionnelle pièce en marbre de carrare, sculptée en bas-relief et datant de la première Renaissance Italienne, représente Dieu le Père dans un décor architecturé. Au centre de la pièce, dans une alcôve à trois architraves, trône Dieu le Père bénissant de la main droite et tenant le livre saint dans la gauche. L’alcôve est elle-même décorée de fleurs, de torchères enflammées et d’une guirlande. Les bords de la pièces sont ornés de deux pilastres de style corinthien décorés de pot-à-feux, vases, fleurs et perles. Cette pièce finement réalisée et dans un très bon état de conservation, faisait partie d’un ensemble sculpté plus grand. Il pouvait s’agir d’un retable de marbre, d’un monument funéraire, d’un tabernacle ou autre élément de décor à charactère sacré.
Cette pièce est à rapprocher des oeuvres d’un des plus grand sculpteur du Quattrocento : Andrea Bregno (c. 1418 – 1503/6). Andrea di Cristoforo Bregno est né dans une famille de sculpteurs lombards et a été formé dans l’atelier de son père, qui fut un des architectes du palais ducal de Venise. Grâce à son talent et fort du succès du projet au palais ducal, Bregno part travailler à Rome lorsque Paul II, un vénitien, est élu pape. C’est sous le pape suivant, Sixte IV, qu’il prend de l’ampleur sur la scène artistique romaine, puisqu’il va réaliser de grand monuments et tombes pour les cardinaux de la curie. Proche des cercles humanistes de son temps et de la cour papale, son talent est également mentionné par le père de Raphaël. Ami proche du directeur de la bibliothèque pontificale, collectionneur de sculptures antiques, Bregno était un artiste moderne et « culturellement à jour ». Son travail est caractéristique de la production faîte à Rome au XVe siècle : il s’inspire de l’art antique et paléochrétien, tout en apportant à ses oeuvres une touche de modernité via des influences toscanes. Ses oeuvres sont connues pour être très raffinées, menées avec une grande minutie et une technique rigoureuse. Il joua un rôle important dans la standardisation du style dit « classique » du début de la Renaissance, notamment dans les monuments funéraires, dont il fait sa spécialité.
Une de ses dernières réalisation est un autel monumental dans la cathédrale de Sienne qu’il achève en 1503. Il meurt à Rome entre 1503 et 1506 et est inhumé dans la Santa Mari sopra Minerva. Sa carrière fut longue et prospère, l’activité de son atelier fut particulièrement riche et ce même après sa mort. Comparé à Polyclète dans son épitaphe, représenté dans la fresque de Pérugin : La Remise des clés à Saint-Pierre dans la chapelle Sixtine (1481) et vu par certains comme une source d’inspiration pour le jeune Michel-Ange, Andrea Bregno est un des plus grand sculpteurs du XVe siècle.
Notre oeuvre est un exemple de ce nouveau souffle stylistique : épuré et élégant, qui pose les bases de ce que nous appelons aujourd’hui la Renaissance.

Bas-relief – Marbre – Italie – XVe Siècle

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