L’arbre de Jessé matérialise l’arbre généalogique de Jésus. La plus ancienne représentation de ce sujet date de 1086, dans le Codex Vyssegradensis, l’évangile du couronnement de Vratislas II de Bohême.
Cette oeuvre, d’une extrême rareté, due au fait qu’elle soit en pierre calcaire est en réalité un fragment de cet arbre généalogique. Ce motif, donne à voir une théologie médiévale de l’histoire sainte qui présente l’Ancien Testament comme une préparation du Nouveau Testament. Il est souvent écrit sur ces représentations, une phrase d’Isaïe : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira sur ses racines. L’esprit du Seigneur reposera sur lui ». Cela permet de mettre en images le fait que Dieu a annoncé la naissance un nouveau David, dans la descendance de celui-ci.
L’ensemble devait être situé dans une église, peut être privé. La polychromie bleue d’origine a déteint avec le temps sur le visage du personnage de droite. Ces personnages étaient des Saints, les plus représentés étaient Marie, Jessé, Moïse, mais aussi David ou Noé. Concernant les deux personnages, ils sortent chacun d’une fleur qui est reliées à une branche d’où sortent aussi des feuilles.
Nous pouvons voir à droite une femme auréolée, elle porte un manteau, un voile couvre sa tête, ses bras sont croisés et l’un est invisible car caché sous le manteau, tandis que l’autre sort pour laisser apparaître sa main droite. Son visage, typique de l’art médiéval est penché, son regard transmet deux émotions : d’un côté il donne l’impression que le personnage est plongé dans une profonde réflexion, d’un autre côté, on pourrait avoir l’impression qu’elle lance un regard de bienveillance un peu comme pourrait le faire une mère envers son fils.
Nous pouvons voir des traces d’outils sur l’oeuvre, et ce, principalement sur les vêtements des personnages. Cela ressemble de petites nervures qui permettent de donner du volume à la sculpture.
Cette femme pourrait être la Samaritaine qui était parfois représentée dans ce type d’oeuvre, ou alors la veuve de Sarepta qui est un personnage peu présent dans les écrits religieux, mais parfois insérée dans les représentations d’arbre de Jesée.
Concernant le personnage à sa droite, c’est vraisemblablement un homme étant donné la manière dont son vêtement est taillé. Son visage, manquant, était cependant aussi pourvu d’une auréole, il en reste un petit morceau visible. Nous ne pouvons pas voir ses mains qui sont jointes dans les manches de son manteau.
Beaucoup de vitraux représentant l’arbre de Jessé subsistent dans diverses églises. Nous pouvons particulièrement noter celui de la cathédrale de Notre- Dame de Chartres qui est situé sous la Rosace de la façade Ouest, il est classé depuis 1840 aux monuments historiques.
Cet arbre en plus de représenter les ancêtres de Jésus, a aussi une portée symbolique de protection, de paix, mais aussi de résilience face aux épreuves de la vie.

Arbre de Jessé en pierre calcaire – France – XVe siècle

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